De quoi a-t-on besoin pour apprendre à lire ?

Catherine RENARD, Docteur en psychologie spécialiste des troubles spécifiques d’apprentissages.

Pour apprendre à lire, il faut que l’enfant maîtrise plusieurs capacités :

  1. L’analyse visuelle.
  2. La mémoire de travail.
  3. Le vocabulaire.
  4. La conscience phonologique.
  5. La correspondance Graphie/Phonie.

Alors, commençons par un « contrôle technique » !
En effet, il faut vérifier la vision, la convergence des yeux et l’audition.
Ces examens sont appelés bilan ophtalmologique, bilan orthoptique et un bilan ORL.
Il est conseillé de les faire réaliser régulièrement, tous les ans par exemple.

1. L’analyse visuelle.

L’analyse visuelle sert à distinguer des lettres, des chiffres et des mots qui se ressemblent beaucoup :

d – b – p – q
u – n
e – 6 – 9,
deux ou doux,
grain ou garni,
ronger ou rogner,
etc …

Mais avant d’en arriver là, l’enfant doit progressivement apprendre à discerner des objets, puis des dessins, puis des symboles (dont les lettres et les chiffres).

2. La mémoire de travail.

Lorsque l’enfant déchiffre syllabe par syllabe, il utilise une mémoire que l’on nomme « mémoire de travail » pour y mettre les différentes syllabes.
Il lit ensuite le mot d’un seul coup grâce aux syllabes déchiffrées qu’il accolera.

Par exemple le mot « lavabo » ne comporte aucune difficulté particulière.
Toutefois l’enfant doit découper le mot au bon endroit pour savoir qu’il doit lire :

« l – a = la »
« v – a = va »
« b – o = bo ».

Enfin, il rassemble les 3 syllabes et va lire en une fois « lavabo ».
La mémoire de travail peut être développée à partir du jeu de Memory, soit acheté dans le commerce, soit réalisé à partir d’images en double que l’enfant peut coller sur du carton un peu rigide.
Un autre jeu permet de développer la mémoire visuelle : le jeu de Kim.
Un adulte dispose de 6 à 10 objets sur un plateau.
Pendant 10, 15 ou 20 secondes, l’enfant observe les objets et tente de les mémoriser.
Puis il se retourne et l’adulte retire un objet.
L’enfant regarde à nouveau le plateau et doit se souvenir de l’objet manquant.
Quand cela devient plus aisé, l’adulte retire 2 objets puis 3 et enfin 4 objets.
L’adulte peut ensuite intervertir deux objets et l’enfant doit retrouver les 2 objets qui ont été intervertis.
Ensuite, on continue avec 3 objets, puis 4.

3. Le vocabulaire.

Le vocabulaire peut être développée à partir de différentes activités :
Les supports « Des images et des mots – mots croisés Force 1 et Force 2 » remplissent cet objectif.
L’ouvrage « Jeux des catégories – développer le vocabulaire » va également dans ce sens.

4. La conscience phonologique.

La conscience phonologique consiste à repérer si un son est présent ou non dans un mot.
Par exemple : Est-ce qu’on entend « u » dans « champignon » ?
Elle est mise en place dès l’école maternelle.
Les phonalbums édités chez Retz et écrits par Agnès Aynaud-Szikora et Patricia Vinciguerra sont particulièrement bien conçus pour travailler la conscience phonologique à partir d’une progression adaptée pour les enfants moyenne et grande section de maternelle :
« Chabadababa, mon chat transforme-toi »,
« Valentine aime les comptines »,
« Aladin et les mots magiques ».
Les enseignant(e)s de CP ont pu constater que les enfants ayant travaillé à partir de ces 3 phonalbums entraient plus facilement et plus rapidement dans la lecture.

5. La correspondance Graphie/Phonie.

Il s’agit de la retranscription du son entendu en un son écrit et du son lu en un son parlé :
– Lire consiste à passer d’un canal visuel à un canal auditif,
– Écrire consiste à passer d’un canal auditif à un canal visuel.
La mise en place de cette capacité doit être réalisée en collectif par le professeur des écoles et si cela ne suffit pas, par l’orthophoniste en individuel.
Les parents qui voudraient travailler cette capacité avec leur enfant doivent être bien conscient qu’il ne faut pas mélanger les méthodes d’apprentissages en faisant du « B – A – BA » car cela donne le résultat suivant :

« bé – a » cela fait « béat »
« pé – i » donne « pays »…

Apprendre à lire à des enfants (même les siens) ne s’enseigne plus « comme avant ».
Les parents doivent être particulièrement attentifs aux erreurs possibles et aux écueils réels qui existent lors de l’apprentissage de la lecture.
Un mauvais apprentissage restera gravé dans la mémoire de l’enfant.
Pour le corriger, cela sera coûteux en effort de concentration et en énergie pour la personne concernée.
L’enjeu est important.

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25 septembre 2018

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